Centre International de Psychosomatique

samedi 2 juillet 2022

Maltraitance et allergie - Sylvie cady

Sylvie CADY

 

 

MALTRAITANCE ET ALLERGIE

Il s'agit de maltraitance psychologique : la problématique allergie de la mère et son fonctionnement sur le plan de la personnalité, s'inclut dans celle de sa fille, ce qui donne une situation d'enfermement, appelée par l'enfant "séquestration" ; car ses efforts pour s'en sortir aboutissent à une crise d'asthme de l'enfant et de la mère, cette dernière utilise la crise d'asthme, pour faire peur à sa fille, si une velléité de différenciation de la relation mère - enfant apparaît. Cette utilisation de la crise d'asthme a une raison identitaire chez la mère. La relation de double à sa fille structure son identité et il en est de même pour sa fille.

La situation relationnelle semble bien coincée dans l'impasse d'un processus de différenciation, amenant à une problématique identitaire "séquestrante", et traduit par la mère et l'enfant sur le registre de la mort possible par crise d'asthme.

C'est ces difficultés qui sont illustrées dans cette élaboration clinique. Les dessins et leur compréhension par l'enfant y ont une importance capitale.

A la demande de l'assistante sociale de la mairie, Mathilde, 6 ans, vient consulter pour une symptomatologie allergique prise dans une oscillation entre asthme et eczéma. La Famille est l'objet d'une AEMO (Aide Educative en Milieu Ouvert). Les visites de l'assistante sociale sont ingérables, par les crises d'asthme de la mère et de l'enfant qu'elles soulèvent.

L'histoire de Mathilde

La mère de Mathilde a été élevée par sa grand-mère (sans père), elle reproduit la même situation avec sa fille. Et on peut dire qu'une histoire similaire à celle qu'a vécue sa propre mère, ancre originairement toute situation relationnelle dans une thématique du double.

Lorsque Mathilde a été conçue, sa mère vivait avec son père, un homme-enfant instable. En deux ans de leur vie commune, il a subi 9 échecs professionnels, pour la plupart dus à des difficultés relationnelles. C'est comme si cet homme avait été choisi pour que rien ne marche, et qu'il n'ai aucune prise sur la relation, avec sa fille. De ce fait, le conflit parental maintient une relation, qui empêche l'enfant d'être en relation avec son père. Très tôt, Mathilde réagit au contact paternel, par des crises d'asthme.

La mère se dit, agacée par la répétition d'une histoire qu'elle a entendue raconter à son sujet, par sa grand-mère, prend la même décision qu'elle, celle du divorce. Celui-ci se passe de manière difficile et théâtrale, comme celui de la grand-mère : la mère et la fille sont séquestrées ; à toute personne essayant de l'approcher, le père sortait un revolver. Des scènes dramatiques, ont donc été vécues par la mère et la fille à cette époque et des pathologies somatiques importantes s'y sont manifestées chez l'enfant, autour de l'asthme et de l'eczéma. Une fois la séparation possible, la mère va vivre chez sa propre mère et c'est à nouveau une grand-mère, qui va prendre en charge l'enfant[1].

Mathilde est une enfant gentille. Elle a six ans lors de notre premier entretien, et elle n'a jamais été en classe, soi-disant parce qu'elle n'a pas de vaccins à cause de son allergie. Elle vit chez sa grand-mère, avec qui elle a une relation très fusionnelle. D'une manière générale on la surprotège, de tout ce qui est extérieur, et qui peut apporter dit-on "l'asthme et l'eczéma". On s'occupe en permanence de cet enfant, pour compenser la mauvaise relation au père, ce qui l'enferme énormément. Lorsque la situation devient intenable pour cette petite fille, elle hurle d'une façon délirante pendant très longtemps. C'est au point que les locataires de l'immeuble sont venus se plaindre à la police, croyant qu'elle était au fait d'un mauvais traitement de l'enfant. Ces visites intrusives qui mettent Mathilde dans une situation relationnelle différente, déclenchent une crise d'allergie importante chez l'enfant avec hospitalisation, une mesure d'AEMO va être posée autour de cette situation, à partir de l'assistante sociale de la mairie.

 

Le problème de la triangulation

La mère travaille à la maison et toute relation extérieure est déjà facteur de crise, par la triangulation qu'elle apporte. Ceci posait même un problème de relation avec l'assistante sociale génératrice de crises ce qui l'amène à demander l'aide du CMPP. Pour la psychothérapie initialement, on est confronté à une difficulté similaire.

On a donc à faire à une relation duelle fusionnante, qui expulse le tiers. Car cet élément tiers, fonctionne en tant que situation d'impasse, pour la mère comme pour la grand-mère maternelle : toutes deux sont tombées malades atteintes d'une hyperthyroïdie dans les difficultés liées à la relation triangulaire avec leurs maris. Aussi pour ne pas être confrontées à cette situation avec l'enfant depuis le divorce avec le père, elles ont donnée à l'enfant un autre prénom. Il est exclusivement utilisé dans la relation avec elle.

De ce fait, Mathilde se trouve construite dans le double de la relation maternelle. Pour son identité, comme pour sa relation à l'espace traduite par la latéralisation, le repère est celui de la relation miroir. D'ailleurs, dans cette surface spéculaire, elle ne se repère, que si sa mère est avec elle. De même, pour écrire, il faut que sa mère se situe en face : l'écriture se fait en visualisant sa mère. En dehors, elle ne peut écrire. Aussi, lorsque je lui demande de situer sa main droite, elle montre la main gauche de sa mère, qu'elle fait venir en face d'elle. Elle dit qu'elle "est sa mère, elle se voit sa mère". Dans cette relation fusionnante, dont elle est la victime, elle est l'autre, qui la construit : c'est une situation d'identité, qui passe par la relation visuelle au double sans distance. "Quand je regarde", exprime Mathilde, "c'est toujours pour voir maman, je vois loin, le près pareil".

En définitive, pour Mathilde, la différence ne peut être admise dans un système familial qui exclut la différence, et ceci à travers deux générations. Chaque fois qu'elle est confrontée à cette situation, comme avec l'assistante sociale, elle fonctionne en tant qu'impasse par la référence à l'identité, qu'elle soulève et c'est la crise allergique. Pour cette raison une psychothérapie mère-enfant est organisée.

 

1ère étape : La psychothérapie mère – enfant.

Un premier dessin exécuté en psychothérapie traduit cette situation fusionnelle tant relationnelle que spatiale. Dans ce dessin "une maison – mère est coincée dans la mer qu'elle écrit mère. La maison fille est coincée à l'intérieur de la maison-mère. Attention si elle n'est plus coincée les maisons - mère meurent la petite fille aussi". (cf. l'asthme de la mère et de la fille et la grand-mère)

En fait, la thérapeute, comme toute autre personne, qui vient de l'extérieur ; détermine la relation à un espace qui peut poser problème tant pour la mère que pour la fille ; il peut être générateur de crise d'asthme et ceci est alimenté actuellement par la mère pour que sa fille ne lui échappe pas. Le cheminement spatial vers la thérapeute s'en trouve donc bloqué. Pour palier cela, une psychothérapie mère-enfant est dans un premier temps nécessaire (pendant 5 mois). Elle permet à la mère comme à l'enfant de se situer face à une présence extérieure.

Initialement, Mathilde paraît gênée par le thérapeute. Elle fait comme si elle n'existait pas. Elle ne décolle pas des genoux de sa mère, son regard est uniquement tourné vers elle.

Puis vient le moment où elle ose se tourner vers la thérapeute suivant en cela la gestuelle de la mère qui s'ouvre également vers cette relation extérieure. Quelques mots enfin adressés à la thérapeute sont risqués par l'enfant qui vérifie tout en parlant l'assentiment maternel.

Enfin elle ose quitter les genoux maternels, pour s'amuser à des jeux qu'elle amène aux pieds de sa mère ce qui facilité l'échange entre la mère et la thérapeute, et la rassure. Elle ose alors affirmer un début de présence dans la relation au thérapeute en griffonnant sur une feuille de papier qu'elle emmène chez elle et qu'elle amène. Elle demande par la suite à emmener un jouet chez elle, la thérapeute accepte, tout en précisant qu'il est nécessaire de le ramener ce qu'elle fait. Elle emmène la présence de la thérapeute chez elle, un dessin traduit cette ouverture vers les dehors. Il s'agit de sa représentation de Mathilde, sous forme de visage avec deux traits indiquant l'espace visuel qui s'ouvre à l'extérieur. Ceci précise son élaboration relationnelle.

2ème étape

A partir de là, avec l'accord de la mère une situation relationnelle différente où cette dernière se situe dans une pièce attenante est organisée. La mère demande de pouvoir entendre la voix de sa fille. Nous laissons donc la porte de la salle de psychothérapie ouverte, puis plus tard ouverte à demi de telle sorte que ce qui se dit reste floue. Nous organisons une situation où sa mère est donc à demi présente, ce qui rassure Mathilde dans la relation à la thérapeute.

Cette présence – absence l'incite à s'intéresser au miroir. Face au miroir, son reflet produit un sentiment de malaise, une impression similaire à celle vécue dans la relation maternelle, elle se sent bloquée. Elle repère une présence dans cette surface réfléchissante, "c'est sa mère" dit-elle. Elle est bloquée dedans. "Elle a peur de quiller le miroir, elle a besoin de quitter le miroir". Elle a peur que sa mère meurt si elle quitte le miroir. Elle exprime par la suite comment toute une problématique autour d'une possible crise d'asthme de la mère et de sa mort est entretenue par cette dernière lorsque l'enfant veut faire une activité seule.

Puis elle parle d'un incident avec le père où il est venu la voir, il a été chassé par la mère. Sa mère chasse tout le monde. Elle se sent rassurée par la présence de sa mère dans une pièce attenante pour qu'elle ne soit pas chassée et ne chasse pas la thérapeute. Si elle est chassée c'est qu'elle peut mourir, elle a peur que sa mère meure d'asthme. Elle parle alors d'un jeu entre la mère et l'enfant qui est de mimer à se faire mourir d'une crise d'asthme. Jeu qui enferme la relation mère-enfant parce qu'il fait peur."Je suis la victime de ce jeu" précise l'enfant "c'est pareil quand mon père m'a séquestré".

A la suite de cela, Mathilde est absente pendant 15 jours à sa séance. Il faut la visite de l'assistante sociale de la mairie pour qu'elle revienne au centre.

Dans le fonctionnement de la personnalité allergique avec la structuration du sujet, pris dans un espace double, l'enfant doit être rivée à la relation maternelle parce que cela la structure. C'est cette situation qui doit être respectée pour la mère. Dans sa personnalité, l'impossibilité d'avoir une identité, parce que l'on a celle de l'autre, correspond à cette manière d'adhérer à la relation sans distance. De ce fait, pour ne pas perdre sa structuration, elle séquestre psychologiquement sa fille en lui faisant peur avec des crises d'asthme chaque fois qu'elle s'éloigne.

Pour ne pas être enfermé dans la thérapie par cette situation, nous reprenons la même situation relationnelle : mère dans une salle attenante, porte à demi-fermée. Mais nous prenons un moment avec la mère, par la suite. Ceci diminue les crises d'asthme, rassure la mère et aussi l'enfant. Ce problème relationnel va durer 9 mois avec des aller et retour, vers plus de temps et moins de temps avec la mère.

Pendant cette période Mathilde est âgée de 7 ans et demie aucune mise à l'école n'est envisageable pour la mère comme pour l'enfant.

3ème étape

Les progrès de l'enfant dans le contexte relationnel avec le thérapeute se traduisent graphiquement. Dans ce dessin, elle montre son désir de sortir de l'enfermement maternel. Je me permets à sa demande dans cette nouvelle séance de fermer la porte qui existe entre les deux salles (celle de la mère – celle de l'enfant). Quand nous sortons de la pièce consacrée à la thérapie, nous découvrons la mère collée à la porte pour écouter sa fille. L'envahissement de la mère apparaît alors dans deux dessins. Aussi par la suite la secrétaire à l'accueil prend du temps pour parler à la mère lorsque la thérapeute est avec sa fille. Elle accepte même parfois d'aller parler à l'assistante sociale. Au cours de ces entretiens, le problème de l'école sera posé car en parallèle l'enfant évoluant sur le plan de la différence, peut accéder à ce projet. La mère accepte de mettre son enfant en classe et fera dire par sa fille qu'elle est scolarisée. L'assistance sociale de la mairie va découvrir trois mois plus tard qu'il n'en est rien. La mère utilise le certificat médical pour ne pas mettre sa fille à l'école. Et maintenant, elle s'est faite prescrite un cure de deux mois à la Bourboule pour elle et sa fille, de ce fait avec les vacances d'été, la psychothérapie va s'arrêter pendant 3 mois – un dessin traduit cette situation.

4ème étape

A la rentrée de septembre, l'école est imposée par l'assistante sociale ; elle a 8 ans et demi. Un éducateur (ou élément tiers) va chercher l'enfant chez Mathilde et l'emmène à l'école. Cette différenciation brusque, amenée par l'aide sociale, permet à Mathilde de sortir de l'enfermement maternel sans crise d'asthme. Elle le traduit par un dessin. Par contre ce n'est pas sans poser problème pour la mère qui outre les crises d'asthme se trouve également atteinte d'une rectocolite hémorragique. Elle refuse toujours toute prise en charge pour elle, mais accepte que nous parlions avec sa fille en plus de sa psychothérapie une fois par semaine et cela soulage mère et enfant.

Cette relation triangulée permet à l'enfant de se différencier. Le fait que sa mère soit prise en charge désangoisse la situation. Lorsque Mathilde est seule avec la thérapeute, la triangulation renvoie à la différence et elle éprouve de la liberté. Elleparle alors "d'attitude séquestrante de la mère pendant la cure" où toute une interdiction lui était donnée d'aller à l'extérieur en dehors de ses soins, aussi la triangulation renvoie au père et elle en parle.

Elle trouve que l'attitude de sa mère et celle de son père qui pour la garder l'a séquestré, est identique. Elle représente son père  "mon dieu qu'il est laid" dit elle "d'avoir fait ce qu'il a fait".

Plus tard elle s'enlise pendant plusieurs mois dans des dessins à tonalité agressive "des balles de pistolet qui partent". Ce dessin répétitif est analysé par elle "comme une agressivité si on sort dehors : c'est le danger" puis "si on sort dehors on peut recevoir des balles de revolver". Ceci l'amène par la suite à élaborer un dessin (emporté chez elle) où les personnages père-mère sont encastrés l'un dans l'autre et qui représente la séquestration du père et de la mère (par crise d'asthme). Dans cette référence au double antérieur qui la construit. La séquestration réelle du père renvoie à la séquestration psychologique de sa mère autour de la problèmatique asthmatique du double sans différenciation.

Elle montre ce dessin à sa mère qui comprend cette situation en faisant un lien à son propre passé. Elle décide de ce fait d'une psychothérapie pour elle tous les quinze jours.

Un dessin de l'enfant traduit son inquiétude qui est en train d'être dépassée. Une maman à l'extérieur de la maison, elle pleure, car sa fille est à l'intérieur. Au dessus de sa tête trois petits nuages : la thérapeute de Mathilde, l'enfant, la nouvelle thérapeute, elles arrivent pour la consoler de l’abandon.

A partir de cette triangulation rassurante, Mathilde affirme sa différence par l'autonomie ce qui récupère sa problématique asthmatique, quant à la mère, sa psychothérapie provoque la réaction allergique chez sa propre mère (grand-mère de Mathilde). Le suivi d'entretien de cette dernière permettra à la mère d'évoluer. La grand-mère part pour finir en retraite et ça permet d'aller et venir entre Paris et sa maison à l'étranger ouvrant aussi la situation d'enfermement ou situation d'impasse dans laquelle Mathilde "s'est sentie être victime de la pathologie, de ces deux femmes". Elle précise cela maintenant en accédant à une position identitaire dans l'ouverture d'une situation relationnelle qui lui permet de se poser définitivement dans sa différence – parallèlement l'asthme chez la mère et l'enfant disparaît.  La rectocolite hémorragique y trouve une issue positive.

 

Cette observation clinique peut être étendue à d'autres cas. Elle met en relief le problème d'une situation relationnelle mère enfant enfermante dont l'enfant est la victime, du fait de la personnalité de la mère.

Le fonctionnement de double dans lequel se construit l'enfant, est le seul possible parce qu'il ne met pas la mère en difficulté.

La difficulté de différenciation pour la mère, la grand-mère et l'enfant renvoie à l'allergie et à un problématique identitaire : la différence c'est un vide identitaire en même temps qu'un abandon mortel et ceci à travers deux générations.

L'asthme en tant que symptôme peut amener à la mort, ceci est repris secondairement par la mère, pour bien enfermer sa relation avec sa fille : on retrouve là une attitude séquestrante de la mère, nommée comme t-elle par sa fille.

Lorsque la situation de différenciation est imposée à la mère par l'extérieur, même si elle est d'accord avec cette mise en place d'une situation relationnelle différenciatrice, elle ne peut pas le construire de l'intérieur. C'est alors les certificats médicaux, qui évitent la mise à l'école, l'absence à la psychothérapie pour crise allergique, l'arrêt de la psychothérapie pour la cure. L'asthme et la rectocolite hémorragique se déclenche lorsqu'on lui impose la scolarisation différenciatrice de sa fille.

Les situations entre deux, à la fois l'évolution vers la différenciation et le maintien de la relation, duelle semblent les mieux supportés par la mère, et de ce fait par l'enfant. Le moment où la porte est à demi-ouverte et où la thérapeute reçoit ensuite, la mère et l'enfant. Le moment, où l'enfant est seule avec la thérapeute, par contre une séance supplémentaire, est organisée pour la mère et l'enfant. Le moment où sa fille est en thérapie, alors que la mère parle avec la secrétaire ou l'assistante sociale ; cela permet une différenciation plus douce qui amène la mère à engager une psychothérapie pour elle.

Cette psychothérapie maternelle a permis la différenciation finale de la relation mère – enfant et la construction identitaire de cette dernière. L'impasse de la différenciation se résout, pour la mère, ce qui atténue, puis règle sa problématique asthmatique, en même temps que la rectocolite hémorragique.

L'enfant peut alors s'autonomiser autour de cette relation triangulaire, (thérapeute de la mère, enfant, sa thérapeute) qui permet cette structuration de la mère et de l'enfant. De ce fait, l'asthme et l'eczéma chez Mathilde disparaissent.

La maltraitance est aussi d'ordre psychologique la régler de manière impérative, pose problème face à l'impasse. Ici, il y a toute une compréhension de la situation de la dynamique familiale, qui est à étudier pour faire évoluer une situation interne en évitant l'enlisement dans la pathologie somatique.

 

[1] On est ici dans la répétition de l'histoire de la mère.